Affaire du gendarme de Draguignan : comme un malaise...
jeudi 29 mai 2008, 20h44 Le nombre impressionnant de commentaires et de réactions autour des articles relatant l'affaire du gendarme de Draguignan m'a inspiré les réflexions suivantes.
En premier lieu cette affaire est assez vite devenue l'affaire du gendarme. Un grand nombre de commentaires insistent sur la suspension "scandaleuse" du gendarme, son « lâchage » par sa hiérarchie ou encore justifient son acte. Ce sont en majorité des lettres de soutien, à lui-même et à sa famille ainsi que des appels répétés, presque désespérés, parfois rageurs, à un retour de l'ordre, de la force et du respect , valeurs présumément perdues dans notre société.
L'appartenance de Joseph Guerdner à la communauté des gens du voyage* donne à certains internautes un prétexte pour s'épancher sur les prétendues particularités criminogènes de ce groupe de population et d'élargir ces particularités à d'autres populations, étrangères évidemment (roumains, maghrébins, africains, tout le monde y passe...). On comprend mieux comment des idées parfaitement saugrenues, comme la création d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale (cherchez l'erreur), germent dans les caboches de nos politiciens, finalement pas aussi déconnectés des réalités qu'il n'y parait.
Reste un sentiment de malaise:
- Celui des représentants des forces de l'ordre, tombés en désamour avec une partie de la population, et qui semblent désarmés face à des conditions d'exercice de plus en plus difficiles et des moyens qui tendent à se réduire.
- Celui d'une partie de la population qui prône un retour à des valeurs de fermeté (et c'est un euphémisme) et qui dévide son amertume et sa colère sur l'Etranger, lui faisant endosser tous les maux de la société française.
- Le mien, celui d'un citoyen un peu effrayé et inquiet qu'une partie de ses concitoyens se sente si mal dans ses baskets .
Anthime Armand-Dubois dans
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Reader Comments (2)
"[...] nos politiciens, finalement pas aussi déconnectés des réalités qu'il n'y parait [...]": en tout cas pas déconnectés des opinions d'un électorat auquel ils ont besoin de plaire pour avoir du boulot... et non je ne suis pas poujadiste :-)
C'était bien le sens de ma formule...