Quand MAM fait du mauvais Sarkozy
lundi 22 décembre 2008, 12h55
Qu'il semble loin, le temps où Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, nous montait une opération médiatico-policière d'envergure par semaine. Souvenez-vous, on prenait 20 journalistes, 40 flics, et tout ce petit monde se pointait simultanément dans les appartements de "gros trafiquants" , à l'aube, dans une banlieue grise. Cela produisait des belles images de cow-boys de la BAC encagoulés, qui embarquaient des grands criminels (de 20 ans) encore embués de sommeil, sweat-shirts relevés sur la tête, histoire de garder un semblant d'anonymat. Les images étaient ensuite complaisamment diffusées sur toutes les chaînes, avec interviews de juges ou de commissaires qui expliquaient, comment ils avaient "démantelé un important réseau de trafiquants" qui terrorisait la population. Le bon petit peuple se sentait alors rassuré de voir aussi bien appliquée la politique du Karcher.
Avec Michèle Alliot-Marie, changement de style. Fini, les caméras, les projecteurs et autres déclarations fracassantes. Elle bosse MAM, sans faire de bruit, droite dans ses bottes. A tel point qu'on l'oublie. Trop peut-être au goût de ses conseillers? Alors quand survient l'affaire des sabotages de la SNCF, elle croit avoir trouvé le moyen de se rappeler à notre bon souvenir. L'occasion est trop belle : un ennemi de l'intérieur, sournois, inconnu jusqu'alors. Du neuf quoi. Pas un vulgaire banlieusard endoctriné par un mollah dans une cave de Neuilly sur Marne. Eculé, déjà vu. Là c'est du lourd, le retour de la bande à Baader, des Brigades rouges : l'ultra-gauche terroriste. La guerre du rail est déclarée ! On nous montre une espèce de secte trotskyste, alter-mondialiste, qui vit en consanguinité, coupés du monde. On imagine tout de suite un camp d'entraînement afghan, version Correzienne.
Un mois après, l'enquête est au point mort. Sur les 9 interpellés de Tarnac, 7 ont été relâchés et la justice vient de se prononcer pour la remise en liberté sous contrôle judiciaire, du principal inculpé, Julien Coupat, décision aussitôt contestée par le parquet.
Mauvaise pioche, Michèle. L'affaire est en train de faire Pschitt... Au mieux ce sont des saboteurs, idéalistes et un peu agités. Pas de quoi monter l'opinion contre eux. Pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé de les faire passer pour Carlos. Et les médias, toujours aussi circonspects et sérieux dans leurs investigations ont avalé sans broncher vos salades, au moins dans les premiers jours de l'affaire.
Un petit conseil, tenez-vous en aux recettes qui marchent. La banlieue, la banlieue et encore la banlieue. C'est du tout cuit, du gagné d'avance. Ils foutent la frousse à tout le monde, ces français "pas très français", et en plus on en trouvera toujours un qui planque une boulette sous l'oreiller de sa mère, qui est en France depuis 30 ans et "qui ne sait pas aligner deux mots dans un français correct". A moins que vous n'ayez des états d'âmes ....
Ah! encore une chose : ça avance bien l'enquête sur les 600 millions d'Euros disparus des caisses de l'UIMM ?
Anthime Armand-Dubois dans
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2 Commentaires |
Enyoyer par Email | | tagged
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Reader Comments (2)
Excellent!
Et oui, cette pièce était très drôle, nous sortir un attentat en pleine période de crise, ...quelques flics en plus ca ne peut que rassurer...
Je vis ça de l'extérieur mais suis de tout coeur avec vous les gars...